Vote électronique: la blockchain peut-elle prévenir les fraudes ?

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La fraude aux élections est devenu un sujet majeur depuis 2020 avec les élections américaines. Mais ce n’est pas la première fois. A chaque fois, on a entendu parler d’ingérence étrangère, de bulletins falsifiés, de machines trafiquées, etc.

Citation Joseph Staline vote : Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment...

Alors comment prévenir les fraudes ?

Historiquement il y a plusieurs types de fraudeurs: des citoyens mal intentionnés, ou bien une corruption plus profonde où ce sont des organismes de l’état qui commettent la fraude. Voir dans des pays totalement corrompus, l’état lui-même.

Parmi ces différents types, celui qui commet la fraude la plus vaste est l’état corrompu lui-même. La question de prévenir les fraudes revient donc à être capable de voter en se passant de l’état, car si on prévient la plus grande fraude, on prévient par la même occasion les plus petites.

Prévenir les fraudes c’est donc avant tout prévenir la corruption du vote, et même par celui qui l’organise.

De plus, les machines de vote électronique se sont généralisées aux USA comme en France, éveillant la suspicion des citoyens.

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Comment avoir confiance quand on vote sur une machine ?

Soyons honnêtes: les machines de vote actuelles n’ont aucun système réellement fiable contre la fraude, et nous ne serions pas étonnés qu’un scandale à ce sujet éclate sous peu.

Voilà aussi une des causes de l’abstention massive que le peuple utilise aujourd’hui comme moyen d’exprimer sa perte de confiance.

Les dernières élections de juin 2021 en France on atteint 70% d’abstention, un record historique.

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Le problème, c’est que l’abstention ne marche pas. Même avec 70% d’abstention la classe politique continue à faire leur vie comme si de rien n’était.

Peu leur importe la légitimité, uniquement le pouvoir.

L’abstention comme contestation marcherait vraiment si on avait une alternative forte de démocratie participative déjà en place et utilisée par des milliers de personnes à proposer. Car elle permettrait de montrer aux autres citoyens qu’une autre voie est possible et surtout qu’ils peuvent la rejoindre dès maintenant.

Et si on trouvait une solution pour voter même sans État, alors elle permettrait par la même occasion de réduire la fraude et la corruption de façon générale.

Ce qui se fait déjà

Tous les conseils d’administrations des associations ou entreprises ont mis en place des systèmes de vote qui se passent sans problème de l’état. Cependant cela est rendu possible par le fait qu’ils se connaissent déjà tous entre eux ou disposent déjà d’un fichier de l’ensemble des votants.

C’est d’ailleurs aussi le cas quand c’est l’état qui organise le vote, car il possède un fichier de l’ensemble des citoyens via le recensement et les listes électorales.

Mais on s’intéresse ici à la possibilité de voter de manière décentralisée.

Cela veut dire sans avoir une unique entité en charge de la vérification des identités, de l’organisation du vote et du comptage du résultat final. Quand on commence à concevoir un tel système, la question qui se pose rapidement est la suivante:

Comment empêcher tout le monde de voter autant de fois qu’il veut ?

Voilà une excellente question !

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C’est peut-être même le problème le plus difficile, mais aussi le plus intéressant. La façon dont vous répondez à cette question vous dira si voter sur la blockchain vous semble une bonne idée ou pas.

Bien sûr, il existe la solution facile: avoir une vérification d’identité centralisée. Ca pourrait être le cas d’un état qui veut passer son système de vote sur la blockchain pour économiser sur les coûts. Etant donné qu’ils ont déjà les données de tous les citoyens, la question est résolue instantanément. Par contre se pose alors le problème de la perte de l’anonymat des votes. Pas si simple, donc.

Mais comme vous l’avez peut-être déjà compris, nous pensons que c’est aux citoyens de mettre en place ces solutions blockchain SANS attendre les états.

Car même si les états sont honnêtes, ils sont de toute façon toujours trop lents sur les questions technologiques. Et s’ils sont corrompus, alors ils n’ont rien à gagner à ce que les élections deviennent infalsifiables.

C’est donc la mise en place des ces solutions par les citoyens, à leur échelle locale, puis ensuite à des échelles de plus en plus grandes, qui est la seule voie vers un renversement de la corruption.

Mais sans vérification centralisée, la mise en place d’un tel vote devient un peu plus compliquée.

Comment voter sans un état qui centralise les identités ?

Une solution serait de créer des services dont l’unique but d’existence est de valider l’identité d’une personne. Cette méthode est déjà utilisé pour les procédures de vérification d’identités sur tous les sites qui requièrent une vérification d’identité, comme les banques en ligne.

Il s’agit de faire un court appel vidéo avec quelqu’un qui va recueillir quelques informations. Par exemple, les informations figurant sur la carte d’identité. La différence ici serait d’en inscrire une trace dans la blockchain – juste une trace, pas les informations elles même qui doivent absolument rester privées !

Et pour ça, il existe une solution bien connue des informaticiens: la fonction de hash.

Retenez juste qu’on inscrit dans la blockchain une empreinte digitale.

Une autre façon de visualiser le procédé est d’imaginer qu’on stock une petite goutte d’un jus de fruits qu’on a mixé à partir de pleins de fruits. Si vous avez les mêmes fruits, vous pouvez facilement refaire le jus et comparer la composition et la couleur de la goutte, il est donc facile de vérifier à nouveau la validité des informations.

Mais si vous n’avez que la goutte, il est impossible de retrouver exactement quels fruits et combien de chaque ont été utilisés pour obtenir la goutte. C’est pourquoi on peut parler d’une empreinte digitale.

Rien de mieux qu'une bonne recette de jus de fruits frais pressé le matin !

Mais en pratique, ça donnerait quoi ?

On inscrirait une première empreinte pour le prénom et le nom par exemple, puis on ajouterait d’autres empreintes à cette identité comme une pour le numéro de carte d’identité, une pour les noms des parents, etc. Ces informations ne seraient jamais publiées, seulement leur empreinte. De plus, elles ne seraient jamais obtenues par une seule et même entité.

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Cela permettrait de recouper les informations même entre des services concurrents, sans jamais dévoiler les données des utilisateurs.

On aurait donc plusieurs services en concurrence entre eux, qui joueraient chacun toute leur réputation sur le fait d’être honnêtes. Il suffirait d’une seule révélation de fraude et ça signifierait la fin de tous les revenus pour ce service, au profit de ses concurrents.

Ils se surveilleraient donc les uns les autres par effet de concurrence. Ensuite on pourrait demander à ce que chaque votant se soit validé auprès d’un ou deux de ces services, et que ces validations ne soient pas trop anciennes.

Les sceaux de cire réinventés version 21e siècle

Sceau personnalisé avec un texte - Sceaux - La Paqueterie

L’initiateur du vote émettrait ensuite ce qu’on appelle des « tokens » de vote.

Un token est un message sécurisé, exactement comme les sceaux à la cire qu’on mettait sur les lettres dans le passé.

De plus ces tokens auraient la particularité de devoir être rendu anonymes avant de pouvoir être utilisés. Nous ne rentrons pas dans les détails ici qui sont un peu techniques mais que nous pouvons vous aider à mettre en place si vous êtes intéressés.

Le vote serait donc bien anonyme, car personne ne pourrait relier votre vote à votre identité, même pas le service qui vous a certifié.

On aurait ainsi la certitude que chaque vote correspond bien à une unique personne réelle, sans avoir eu besoin pour ça de centraliser les informations des identités ni de les dévoiler. Il n’y aurait donc pas de super fichier à hacker pour nos amis les hackeurs, désolés pour eux !

Et bonus ultime: tous les votes deviendraient alors vérifiables par n’importe qui, même vous et moi, infiniment dans le temps, et sans jamais révéler leur auteur.

Solutions locales pour un renversement global

Il va sans dire que ce système, une fois rodé à des échelles locales et ensuite de plus en plus grandes, pourrait être utilisé pour toutes les élections et votes. Il offrirait en effet de nombreux avantages:

  • garantir la quasi impossibilité d’une fraude, surtout comparé au système actuel.
  • pouvoir vérifier que son vote à bien été pris en compte, même après l’annonce des résultats.
  • garantir un bon anonymat des votes électroniques, au moins aussi bon que celui actuel.
  • permettre à quiconque de recompter les votes et surtout sans avoir à en demander la permission. Un recomptage serait possible même des années après que le vote ait eu lieu ! Et n’importe qui avec des connaissances de base en informatique serait capable de le faire lui-même.

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