Pourquoi notre société s’effondre-t-elle ?

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Beaucoup font aujourd’hui le constat de voir la société dans laquelle ils vivent devenir de plus en plus violente, d’une montée de l’égoïsme, d’un effritement de ce qui créait du lien entre les citoyens.

On pourrait être pris de défaitisme et se dire que c’est le cours naturel des choses, ou que l’être humain est ainsi fait.

Pourtant la compréhension de quelques éléments nous dévoilent une autre façon d’appréhender ce phénomène. Cet éclairage différent nous permet aussi de commencer à comprendre la solution qui peut permettre de ressouder la société.

Et pas besoin d’une majorité pour la réaliser, mais seulement des efforts soutenus d’un petit groupe d’individus déterminés. Les seuls qui aient jamais changé quoi que ce soit dans l’histoire, d’ailleurs.

L’expérience du Rat Park, le paradis pour… rats !

Les rats sont des animaux sociaux fascinants et étonnement proches de nous sur le plan génétique. Tous les gènes humains associés à des maladies ont leur équivalent dans le génome du rat. De plus ce sont des animaux sociaux comme les humains. Ils ont donc été beaucoup étudiés pour mieux comprendre l’addiction.

Jusqu’aux années 80 les scientifiques étaient convaincus que la raison principale de l’addiction était les propriétés intrinsèques des substances. Cela avait été soi-disant « prouvé » vers 1930 en plaçant des rats dans des boites disposants d’un bouton leur permettant de s’injecter une drogue. Les rats devenaient très vites toxicomanes. Quelle découverte n’est-ce pas ? Je suis ironique. Voilà un bel exemple de l’absurdité de faire de la « science sans conscience ».

Il fallut attendre 1978 et un psychologue canadien nommé Bruce K. Alexander qui n’était pas de cet avis et bien résolu à prouver que cette vision était fausse et ces expériences absurdes.

L’idée de génie d’Alexander

Alexander avait compris que le rat et l’humain possèdent tous deux une nature sociale, et communiquent beaucoup avec leurs comparses. En les confinant, il lui semblait évident qu’ils deviendrait addictes pour contrer l’ennui, la solitude, et l’isolement, puisque le confinement est une condition de vie néfaste.

Alexander décida de construire « Rat Park ». L’expérience du Rat Park est une expérience visant à mieux comprendre l’addiction. Il construisit donc un parc paradisiaque pour une vingtaine de rats mâles et femelles, avec des roues d’exercices, des balles pour jouer, de la nourriture en abondance, des lieux intimes…

Stuart McMillen — High angle view of the completed, painted Rat Park...

Il leur mis ensuite deux distributeurs de liquide:

  • le premier contenant de l’eau
  • le second, de la morphine, une drogue très addictive

Et là, surprise: les rats de Rat Park consomment 19 fois moins de morphine que ceux confinés. Ils préfèrent de loin l’eau pure, et la choisisse immédiatement même si on s’est assuré de les rendre addictent à la morphine avant de les placer dans Rat Park !

Toutes les conclusions de Rat Park montrent que les interactions sociales sont essentielles à l’épanouissement et sont un facteur crucial dans l’addiction, et que le confinement et l’isolement émotionnel suffisent à créer des addictions néfastes.

L’étude publiée en 1981 ne fut pas du tout facilement acceptée, beaucoup s’érigèrent contre, jusqu’à ce que de nombreuses autres études finissent par confirmer les résultats obtenus. Aujourd’hui, les résultats de l’expérience Rat Park sont reconnus par tous les professionnels.

Rat Park a permis de montrer que pour la majorité des individus, la substance toxique n’est pas l’unique ni la principale responsable de l’addiction. Cette expérience nous apprends que la majorité des individus font de bons ou de mauvais choix en grande partie par l’influence de leur environnement.

Suiveurs et créateurs

C’est ce que nous avons toujours su, ceux que nous appelons instinctivement « les moutons ». En tout temps la « masse » suit son environnement plus qu’elle ne le crée. Mais cela n’explique pas d’où vient cet environnement, car il faut bien quelqu’un pour le créer.

De tout temps une poignée d’hommes a forgé la destinée des peuples. C’est la minorité des constructeurs qui a toujours façonné la société.

Dans cette minorité s’affrontent deux forces, deux projets. Certains veulent concentrer de plus en plus de contrôle sur les autres. Il sont en vérité aveuglés par leur avidité, et incapables de voir ce que le 2e groupe parvient à voir: qu’ils ont infiniment plus à gagner sur le long terme à créer une société qui libère les forces créatives de tous.

Le premier groupe souhaite régner comme le plus riche parmi les pauvres, le second souhaite juste vivre dans un monde où la richesse abonde et est à la portée de tous.

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Alors si une petite minorité d’individus déterminés à toujours été le pilier de la société, il ne tient qu’à vous, éveillés, de prendre la responsabilité de devenir un créateur et de construire celle que vous voulez. La majorité suivra avec du retard, comme toujours.

Mais pour construire les bonnes solutions, il faut d’abord comprendre ce qui unie la société ou la divise.

Qu’est-ce qui unie la société ?

Quand on essaye de penser à l’inverse d’une société violente, on arrive naturellement à l’idée que cette société serait soudée, qu’il y aurait une forme de paix et d’union malgré les diversités.

Mais qu’est-ce qui unie une société ? et pourquoi la notre s’est-elle effritée au fil du temps ?

On a tous ces images de l’époque de nos grands parent ou notre société était beaucoup plus paisible. Les « forces de l’ordre » s’appelaient alors « gardiens de la paix » et connaissaient bien leur concitoyens. Les jeunes faisaient les cons, évidemment, mais c’était « gentil »: les hippies fumaient du cannabis, d’autres roulaient en mobylette sans casque, il y avait moins de règles et d’obligations, et pourtant la société était plus paisible.

Jamais on aurait pu imaginer que quelque décennies plus tard, la violence extrême serait devenue une simple « incivilité », tellement courante qu’on en parle comme d’un fait divers.

Ou encore que les orientations sexuelles ou religieuses seraient devenues quelque chose que l’on expose en public, et encore plus dans une volonté de choquer autrui. Si le but était de convaincre, dites moi qui a été convaincu en étant choqué ? Bien plus que d’être satisfait de leur choix pour elles-mêmes, il est devenu pour ces personnes comme fondamental à leur identité de l’exposer, et d’autant plus quand c’est dans un contexte d’opposition. Elles sont tombées dans une sorte d’exhibitionnisme pervers. Mais la raison est assez naturelle, et vient combler un besoin de s’accomplir rendu quasi impossible par des moyens plus productifs.

L’humain a un besoin fondamental de s’accomplir, peu importe comment

Comme nous l’apprends les études de Maslow et sa fameuse pyramide, l’humain, une fois ses besoins physiologiques et sécuritaires plus ou moins comblés, à besoin de s’accomplir.

Cela passe par le sentiment d’appartenance, d’estime et d’accomplissement de soi.

Les humains tentent naturellement de s’accomplir d’abord par des moyens en lien avec la société. Notamment les échanges par le travail au sens large, comprenant les arts et la science. Rendez cette voie trop difficile et ils vont s’accomplir par une voie qui diverge de la société.

Il y a 3 façons de remplir le besoin d’accomplissement de soi: par l’entreprenariat (la créativité compétitive), par les arts (la créativité non-compétitive), et par l’auto-victimisation, qui consiste à se plaindre et s’inventer des problèmes existentiels et surtout illusoires. Evidemment, le dernier est à éviter au maximum. Il faut aussi bien comprendre que le domaine des arts, tout à fait légitime en soi, dépend cependant d’une existence florissante du domaine de l’entreprenariat, le premier apportant la richesse nécessaire à financer les artistes. Sans nourriture à manger pour vivre, difficile de s’accomplir comme artiste, vous en conviendrez.

En rendant plus difficile l’accomplissement par l’entreprenariat de maintes manières, l’état détruit aussi l’accomplissement par les arts, puisque les artistes ne gagnent plus assez pour avoir une vie décente. 2 des 3 méthodes d’accomplissements étant rendues artificiellement très difficiles, la jeunesse se dirige naturellement vers la dernière qui reste: l’auto-victimisation. Cela prends la forme de nouveaux extrémismes idéologiques qui deviennent de plus en plus public, au lieu de rester dans la sphère privée, car ils ont besoin pour s’accomplir de s’opposer.

Avant, l’orientation sexuelle ou religieuse était de la sphère privée, car on s’accomplissait principalement par le travail. Mais quand il n’y a plus de marché du travail libre, on doit s’accomplir en public avec ce qu’il reste, comme opposer son orientation à la société.

Le travail par nature est une activité qui procède d’un échange: sa valeur n’apparait que quand quelqu’un en achète les produits. C’est une activité qui lie les hommes par l’échange de biens, et qui lie ainsi la société dans son ensemble. A condition que la monnaie soit honnête.

Quand l’état corrompt la monnaie, détruit l’emploi des jeunes en montant la première barre de l’échelle trop haute, détruit la confiance des employeurs, détruit l’entreprenariat par les taxes excessives… alors s’accomplir par l’opposition, la divergence violente, devient la voie facile.

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Au lieu d’avoir une grande pluralité d’opinions et d’orientations diverses mais unies dans un projet commun, on obtient un plus petit nombre d’opinions et d’orientations extrêmes qui s’affrontent violemment. Car il n’y a plus cette force qui relient ces pluralités entre elles.

Si mon voisin produit mon pain et qu’il a une orientation différente, et que je produit son blé, je m’intéresse à son pain, lui à mon blé, cela crée un lien qui pousse vers la compréhension mutuelle du reste.

Supprimez l’échange de pain et de blé, et il ne reste que la différence.

Que pouvons nous faire ?

La solution tiens en théorie est quelques mots: se battre pour la liberté. Mais la pratique est autrement plus complexe.

Se battre POUR la liberté n’a rien à voir avec se battre CONTRE la tyrannie, ce que beaucoup confondent. On ne peut se battre POUR qu’en créant. En utilisant notre pouvoir créatif pour créer des solutions qui n’existent pas encore. Et l’utiliser pour créer des outils qui donne plus de pouvoir aux individus honnêtes.

« L’honnête homme est celui qui sait qu’il ne peut pas consommer plus qu’il n’a produit. […] Quand l’argent honnête cesse d’être l’outil avec lequel les hommes échangent entre eux, alors les hommes deviennent les outils des hommes. »

Discours de Francisco d’Anconia

Tout commence donc par prendre pour soi même la responsabilité de devenir l’exemple: un homme ou une femme honnête. Et c’est plus dur qu’on peut le penser. Notre société à instauré des mécanismes de vol organisé à grande échelle où elle implique la quasi totalité des citoyens pour donner un semblant de légitimité à ce vol.

« Prendre les fruits de son travail au citoyen, non pas pour payer les frais de sa protection, de celle de ses biens et de sa liberté, mais pour payer des actions auxquelles il n’a pas donné son consentement, c’est lui infliger une injustice au lieu de la prévenir. »

Principes de Morale (1879) de Herbert Spencer

Les gens honnêtes sont aujourd’hui, comme vous l’avez déjà constaté, en situation de faiblesse. Le temps est venu de renverser la balance des pouvoirs, de transformer cet « effondrement » en un « renversement ».

Comment rééquilibrer les pouvoirs ?

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Donner plus de pouvoir aux individus honnêtes, voilà l’objectif. Pour cela, il faut construire des outils qui vont rééquilibrer le rapport de force. Car la vérité ne se défend pas par elle-même, mais elle donne un avantage certain à ceux qui la défendent. Elle donne la cohérence au cours du temps, l’assurance de toujours avancer vers le vrai, et la coordination vers le même objectif sans besoin d’organisation excessif.

Faire le mal demande beaucoup plus de coordination que faire le bien, car les intérêts de chacun s’opposent et qu’il faut repartir de 0 à chaque fois. A l’inverse, ce qui se construit sur la base de la vérité reste toujours valable à son échelle. Mais rien ne reste statique dans l’univers, et la vérité doit elle aussi passer à des échelles supérieures. Au fur à mesure que la société grandit et que la technologie progresse, il faut continuer à construire les outils qui permettent de la conserver.

C’est ce que nous faisons ici, et ce que nous voulons vous aider à accomplir par vous même.

Vous en trouverez des exemples concrets dans notre article 4 applis blockchain à créer pour sauver la société de l’effondrement

Il ne faut pas une majorité pour l’emporter… mais plutôt une minorité furieuse et infatigable, désireuse de mettre le feu de la liberté dans l’esprit des hommes.

Samuel Adams

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